Ce récit a été écrit dans le
cadre d'un atelier, il fallait se présenter à l'envers. Donc ceci est
tout à fait ... pas moi !
Exercice compliqué mais très intéressant. On se rend compte que l'on ne
se connait pas si bien que ça au bout du compte.
J'étais une petite fille calme et attentive. Je pouvais rester des heures assise à table sans jamais ouvrir la bouche. Tous les adultes m'encensaient. Mes parents m'emmenaient sans crainte, j'étais cette parfaite petite tête blonde. Blonde, ça oui je l'étais, comme les blés, petite et menue, les trais aquilins avec de grands yeux bleus et un sourire de porcelaine.
Enfant, j'étais une élève attentive, disciplinée et calme. Je me souviens d'une fois où je promenais le chien. J'ai lâché la laisse et Léo est parti telle une flêche à travers les bois. Je l'ai regardé courir comme un fou mais je ne me suis pas affolée. Je suis retournée calmement à la maison, analysant les trajets qu'il aurait pu prendre et les endroits où nous avions l'habitude de nous promener. J'ai pris mon vélo, et je suis montée quatre rues au dessus de la nôtre. Léo était là, l'oeil hagard et le souffle court. Je suis descendue de vélo et me suis penchée. Le petit caniche s'est jeté sur moi et je lui donné des caresses de réconfort. Aucune réprimande, la leçon était déjà apprise, il ne s'est plus jamais sauvé.
Adolescente, j'étais toujours été entourée par une ribambelle de
filles. J'ai toujours été une meneuse mais c'est à cette époque que
j'en ai pris réellement conscience. Excellente sportive, je faisais
partie des meilleures nageuses du collège puis du Lycée.
Je me souviens que le jour du bac d'espagnol, l'examinateur est arrivé
avec 3 heures de retard. Étant donné que je n'étais pas la première sur
la liste de passage, j'ai du attendre presque cinq avant que cela soit
mon tour. Mon calme et ma maîtrise de moi m'ont permis d'être
parfaitement au point au moment de passer. L'examinateur lui même était
plus stressé que moi.
Aujourd'hui, je suis chef d'équipe dans une société. Je gère une
dizaine de personnes et je sais parfaitement que je n'ai pas que des
amis. Mais c'est le prix à payer quand on veut un travail de qualité.
J'ai fait mes choix, je n'ai ni mari, ni enfant. Je ne prends même pas
le temps d'avoir un animal. Mes amis sont ceux du travail.
Je passe mes soirées entre les restaurants avec des clients et les
boites de nuit avec les copains. Les hommes traversent ma vie comme mon
lit sans jamais avoir le temps de s'y installer ni même de me séduire.
On m'a toujours dit que dans la vie, c'est la situation sociale qui prime par-dessus tout et je pense que j'ai amplement réussi.

