Chapître 2

Le lendemain, je me préparai avec attention passant une bonne heure dans la salle de bain sous les yeux amusés de mes parents. Ce n'était pas mon genre de rester aussi longtemps à me pomponner. D'habitude, j'étais plutôt un garçon manqué portant les cheveux courts, des jeans et des pulls trop grands pour cacher mes rondeurs qui me complexaient au plus haut point. Je choisis donc de porter un pantalon et un chemisier, je pris grand soin à ma coiffure et alla jusqu'à mettre un peu de mascara pour agrandir mes yeux et ainsi adoucir mon regard.
Je grignotais du bout des lèvres au déjeuner, j'avais l'estomac noué et une forte envie de tout annuler tant la peur me triturait les entrailles. À quatorze heures je descendis au collège. Nous avions convenu de nous y retrouver puisque je ne savais pas où il habitait. Sur le chemin, j'avais les jambes lourdes et la oreilles bourdonnantes. Cela faisait un drôle d'effet de se diriger vers le bahut un samedi après-midi et avec mes affaires de math en plus, c'en était risible ...
Je descendis la grande avenue et longeait le cimetière. Malgré la douceur ambiante, un frisson me secoua, comme à chaque fois. Quand j'arrivai en vue du collège, je le vis assis sur le trottoir à attendre. A ma vue, il se leva, il portait un jean et une chemise, ses cheveux mi long encadraient son visage et ses yeux clairs me scrutaient attentivement. J'aurai donné n'importe quoi  pour lire ses pensées à cet instant précis. Les pires scenarii me passèrent par la tête. Je me prenais les pieds dans je ne sais quoi et je m'étalais devant lui le faisant éclater de rire et détaler ayant trop honte d'être vu avec une telle godiche. Mais je ne tombai pas. Il vint à ma rencontre et me prit par la main, deposa un léger baiser sur mes lèvres et m'invita à le suivre.

Un silence s'installa tout le long du chemin, main dans la main nous avancions sans dire un mot. Arrivés chez lui, je fus très impressionnée. C'était une maison bien plus imposante que celle de mes parents, sa mère nous accueillit chaleureusement avec ce même sourire en coin que mes parents affichaient à table. Vincent abrégea les présentations et nous montîmes bien vite dans sa chambre.
Curieusement, j'avais une furieuse envie de faire des maths, l'idée même de ses mains sur moi m'affolait. Ne connaissant rien du sexe et de l'amour physique et bien trop gênée pour demander des détails à ma mère, je ne me sentais pas de taille à affronter une situation où je me retrouverais seule avec un garçon. Loin de moi les désirs physiques. Embrasser et caresser oui, mais ensuite, c'était le flou artistique total ...
Durant cet après-midi, je découvris un garçon attentionné et quelque peu timide. Peu sur de lui et de son charme il laissait trainer ses mains sur le bureau, caressant furtivement ma main par erreur en prenant le crayon ... nous fîres des maths et il me raccompagna chez moi.

Le lundi suivant, je craignais qu'il ne revienne pas après les cours, nous avions convenu de travailler encore une fois ensemble. Il voulait que je réussisse et bizarrement je comprenais ce qu'il me racontait, ce qui n'était pas souvent le matière en mathématiques.
Il était là à la sortie et m'invita dans un café pour réviser la leçon du jour, nous discutions activement quand Manu entra accompagné de Colette, ma meilleure amie.

- On ne vous dérange ? demanda Manu.
- Non, lui répondis-je on révise le brevet de maths. Un sourire lui fendit le visage mais je continuai
- Tu peux rire, ton tour viendra ...
Colette attendait que je la présente, ce que je ne fis pas, je n'avais pas envie de la voir accaparer la conversation.
- Tout bien réfléchi, vous dérangez un peu en fait. Il faudrait vraiment qu'on avance si je ne veux pas me planter ...

Je vis les yeux bleus de Colette s'obscurcir de colère et de frustration. Elle ne pipa mot et tourna les talons en attrapant Manu par la manche.

- Viens, lui dit-elle, je t'offre une glace, il faut laisser les grands travailler en paix.
Elle était piquée au vif mais cela m'était égal, elle s'en remettrait. Manu fronça les sourcils en faisant non de la tête, je savais que lui comprenait, le reste était sans importance.
Ils s'éloignèrent et Vincent me regarda sans vraiment comprendre ce qui s'était passé.
J'affichai un beau sourire.
- Bon, on en était où ?
Il eut un sourire en coin, je n'ai jamais su ce qu'il a pu penser de moi à cet instant précis.

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Dernière mise à jour de cette page le 17/11/2008

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