Chapître 3

Notre histoire était typique des amours de jeunesse, courte et fugace mais qui laisse une trace indélébile. Cela dura 3 mois. Il me fit entrer dans son monde, celui des jeux de rôle et du gothique. Même s'il ne le portait pas sur lui, Vincent avait une grande fascination pour le gore, le côté sombre. Il écoutait du heavy métal et jouait un peu de guitare. Il rêvait d'être une rock star, un peu à la Marylin Manson mais en moins méchant. Je ne faisais vraiment pas partie de ce monde mais j'apprenais, ses copains avaient du mal à m'accepter. Je n'avais pas le bon code vestimentaire, pas les bons loisirs, pas les bons goûts.
Nous tînmes bon jusqu'en juillet. Je rencontrai alors Samuel, un forain beau comme un dieu de 4 ans mon ainé. J'ai cru qu'il s'intéressait à moi et ne voulant pas être malhonnête, j'arrêtai tout avec Vincent. J'ai tout perdu cet été là, Samuel se moquait bien de ma petite personne et Vincent disparu pendant le reste des vacances.
En septembre, nous n'étions pas dans le même lycée. J'appris qu'il sortait avec une fille de sa classe durant l'année, il fallait me rendre à l'évidence, je l'avais perdu.
Nos différences et mon impatience avaient eu raison de nous et notre attachement d'adolescent n'avait rien pu faire pour contrer la réalité.

Deux ans plus tard, au hasard d'une promenade dans Meaux, je le croisai. Il m'offrit un café et nous prîmes rendez-vous pour le lendemain. Nous fîmes une grande balade dans un parc des environs. L'un à côté de l'autre, nous épiant et nous frolant, nous parlâmes de ce que nous avions fait depuis notre séparation. Il me parla longuement de sa copine avec qui il était resté presque deux ans, ils faisaient un break, il avait l'air un peu perdu.

Il proposa de me raccompagner en voiture, j'acceptais avec plaisir. Toute la route se fit en silence, j'étais un peu tendue, écartelée entre un immense désir de lui sauter au cou et de l'embrasser et la peur qu'il ne me rejette. Nous arrivâmes trop vite chez mes parents, je descendis de la voiture en essayant de ne pas montrer ma deception.
- Lili ?
- Oui ?
- je te vois demain ?
- Demain c'est dimanche, pourquoi pas, on peut aller au ciné si tu veux.

Son sourire m'en dit long sur son état d'esprit. J'avais proposé ça sans arrière pensée, il acquiesça et me fit un clin d'oeil avant de redémarrer le moteur et de partir sans oublier le coup de klaxon.

Toute la soirée, je fut distante et rêveuse. Je ne savais pas trop quoi penser de tout cela. Cela faisait deux ans que nous ne nous étions pas vus et d'un coup il réapparaissait dans ma vie. Comme si elle n'était déjà pas assez compliquée comme ça ma vie ... je sortais d'une relation tumultueuse avec un salaud qui m'avait dépucelée puis jetée comme une vieille chose usagée ... j'étais fragile, découragée et quelque peu dégoutée des mecs. Le regard de Vincent quand j'avais proposé le cinéma m'avait convaincu qu'il voulait coucher avec moi, que je ne serais qu'une croix sur un calepin ... une de plus. Mais mon coeur se rebellait contre cette idée. Non, pas Vincent, il vallait mieux que ça, il me respectait.
J'eus du mal à trouver le sommeil, je me sentais piégée, et pire encore, j'avais envie de coucher avec lui ...

Le lendemain, nous nous retrouvâmes devant le cinéma. Nous choisîmes un film neutre, une comédie. Il ne me toucha pas de la séance et m'invita à boire un café après. Assis à une terrasse, Vincent me regardait fixement, ses yeux trahissaient une incompréhension face à mon comportement distant et apeuré.\\
Au bout d'un moment sans parler, il soupira et chercha mes yeux :
- Lili ? Il y a quelque chose que tu me caches n'est ce pas ? le regard de Vincent était pressant.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Tu es méfiante, j'ose à peine te toucher, quelqu'un t'a fait du mal ?
- Disons que tous les mecs ne sont pas de  gentils garçons Vincent. On n'a pas tous la chance d'avoir une merveilleuse première fois ... Et toi ? ta première fois, c'était avec Cécile ?
- Elle s'appelle Céline.
- Pardon ... Je me sentis rougir fortement. C'est le genre de gaffe typique dont j'ai le secret.
- Je t'en prie, ce n'est pas grave, me dit-il avec un sourire triste. Disons que nous étions tous les deux novices, alors on a appris ensemble, ça s'est passé en douceur ...

Des larmes amères me montèrent aux yeux malgré tous mes efforts pour les refouler. Vincent me prit la main et ne dit rien. Pas une question, pas d'empressement. Il attendait que je trouve la force de lui expliquer. Je séchai mes larmes d'un revers de main et tel une magicienne, j'installai un beau sourire sur mon visage.
- Parlons d'autre chose ... c'est du passé.
Vincent me sourit et me proposa un hamburger comme dîner. J'appelai mes parents et leur dit que je ne rentrerais pas pour manger, puis nous partîmes pour le fast-food.
La soirée passa très vite, j'oubliai mes craintes et profitai de chaque instant près de lui. Il me ramena vers 22h00, et nous restâmes en bas des escaliers. Il m'enlaça et me donna un tendre baiser. Un long frisson remonta de long de ma colonne, il me secoua et Vincent me tint plus fort contre lui. Je senti son érection contre ma cuisse et me dégageai violemment.
- Je dois y aller, je suis très en retard.
- Tu as peur Lili !
- Ne sois pas bête voyons, pourquoi aurais-je peur de toi ?
- À moins que ce soit du sexe que tu n'aies peur ... as-tu été violée Lili ?
- Oh non !!! pas du tout ...

J'étais bouleversée qu'il puisse penser que j'aie souffert autant.

- Il m'a raconté la messe pendant 2 mois, j'étais la plus belle, la plus douce, la plus tout quoi ... j'ai fini par céder, j'ai couché avec lui, il m'a prise et il m'a jetée ... et voilà au revoir le beau rêve.

Je pleurais sans même m'en rendre compte. Je n'avais jamais osé dire ça à personne, pas même à Colette.

- Je suis désolé Lili ... vraiment désolé ...

Je me laissais aller dans ses bras, il me caressait les cheveux et m'embrassait le visage, un dernier baiser long et langoureux et je me sauvai comme une voleuse ayant dérobée un magnifique trésor ...

Nous nous vîmes tous les jours pendant 3 semaines et Vincent était attentionné mais je n'étais pas capable de me donner une seconde fois. Nous sortions après les cours, buvions des cafés et parlions de tout et de rien. Nous  hantions les salles obscures comme de vieux amis ou des frères et soeurs un peu trop affectueux. Toujours à la limite entre le flirt et la relation ...
Un dimanche, il m'invita à passer la journée à Disneyland. Dans une file d'attente, la conversation revint sur sa première fois. \\
- Elle est comment Céline ?
- Brune, les yeux marrons, pas très grande ... elle te ressemble beaucoup en fait.
- Ah ... Il y eu un silence et je demandai : Et comment ça s'est terminé vous deux ?
- Je n'ai jamais dis que c'était terminé, je t'ai dit que nous faisions un break ... Nous sommes fillancés depuis janvier mais elle m'étouffe, j'ai besoin de prendre du recul.

Je restais tétanisée, j'étais abasourdie, j'étais sa maîtresse. Si j'avais accepté de coucher avec lui, elle aurait été officiellement cocue depuis des semaines.

- Comment peux-tu me faire porter ce rôle Vincent ? C'est dégueulasse !!!
- Calme toi Lili, il n'y a rien entre nous, nous sommes amis voilà... ce n'est pas comme si nous couchions ensemble.

Tout le monde écoutait et se délectait de ma situation, nous étions entourés de dixaines de personnes et il me disait ça comme il m'aurait demandé la bouteille d'eau. Mon humiliation était complète. Je vis deux filles pouffer ouvertement en me regardant. Je passais sous la balustre et quittai la file d'attente, partis en courant à travers le parc vers la sortie. Il courait derrière moi et finit par me rattraper.
- Mais tu es folle ou quoi ?
- C'est bon, tu ne me touches pas !
- Enfin, il n'y a pas mort d'homme ? Qu'est ce qui te choque ?
- Ce qui me choque, Vincent ? J'essaie de guérir d'un salaud, et je tombe sur un connard, voilà ce qui me choque. Tu sais quoi Vincent, en effet, il n'y a rien entre nous et il n'y aura jamais rien. Je ne veux plus jamais entendre parler de toi !!! Tu as compris !!!

Je m'étouffais dans ma colère, elle était telle que j'aurais pu le gifler. Mais je n'en fis rien, je partis en courant. Je traversai le parc sans m'arrêter et arrivai au terminal des bus hors d'haleine. Ma poitrine me faisait tellement mal que l'air avait du mal à faire son chemin jusqu'à mes poumons mais je ne savais pas si c'était dû à ma course effrénée ou au chagrin auquel j'étais confronté. Il n'y avait pas de bus avant des heures, j'appelai mon père et il vint me chercher, aucune question ne fut posée.

Vincent téléphona tous les jours cette semaine là. Je finis par prendre l'appel, il fallait mettre les points sur les «i» :
- Lili, excuse moi, j'aurais du te dire pour Céline ...
Je ne dis rien, le laissant s'engluer dans ses excuses.
- Lili, si je te dis que je l'ai quittée, tu crois qu'on peut essayer de vivre quelque chose toi et moi ?
- Non, je ne crois pas Vincent. Il ne pourra jamais rien avoir de constructif entre toi et moi. Répondis-je après un lourd silence.
- Ce n'est pas la peine de rappeler Vincent, je suis désolée.

Je raccrochai, le coeur en miette une fois de plus et bien décidée à ne plus jamais souffrir pour un homme.

Noter cette page

0/10 sur 0 vote

Sélectionnez une note dans le menu déroulant.
Dernière mise à jour de cette page le 17/11/2008

Créer un site internet gratuit avec E-monsite.com - Signaler un contenu illicite - Voir d'autres sites dans la catégorie Littérature
Videos Droles - Clips musique - Cours création de site web